Extrait n°3
Les six Êtres-de-Lumière et Gaspar arrivèrent dans le
hall du bâtiment administratif de Paradis, la capitale du pays portant le même
nom.
Bien qu'il fût encore très tôt, le
bâtiment était déjà en pleine activité. A vrai dire, le bâtiment administratif
était toujours très animé, que ce soit le jour ou la nuit.
Jack posa le chien au sol et lança
un regard tout autour de lui. Au centre du hall se trouvait un comptoir que
l'on considérait comme l'accueil de l'administration, où deux hôtesses
suspendues au téléphone, se trouvaient. Derrière les deux femmes était accrochée
une immense carte représentant le Paradis dans sa totalité.
Du
hall, partait une multitude de couloirs qui formaient un vrai dédale dans
lequel il était aisé de se perdre.
Le jeune homme se dirigea rapidement
vers l'un de ces couloirs. Les autres le suivirent en silence.
Ils longèrent plusieurs couloirs
bondés de monde. Ils avaient un mal fou à se créer un chemin parmi toute cette
foule.
Après quelques minutes de marche en
jouant des coudes pour passer, les six Êtres-de-Lumière se retrouvèrent devant
une immense porte. Jack frappa deux brefs coups et entra sans attendre de
réponse.
Il pénétra dans la Grande Salle.
C'était ici que les Archanges se réunissaient pour toutes leurs réunions; ici
que le jeune homme avait rencontré pour la première fois ses supérieurs et son
formateur.
Au centre de la pièce, se tenaient les
Archanges. Ils se retournèrent à son entrée.
Métatron
vint à sa rencontre.
" Jack! On ne t'a jamais appris
à frapper avant d'entrer?
- J'ai frappé! Qu'est-ce qui se
passe Maître? demanda le jeune homme.
- Nous avons un problème, intervint
l'Archange Gabriel. Une âme est morte cette nuit et nous avons besoin de vous
six pour…
- Sept ! lança Gaspar en
rectification.
- Euh…oui! Nous avons besoin de vous
sept, rectifia l'archange en appuyant bien sur le mot pour faire plaisir au
chien, pour résoudre cette enquête.
- Cette enquête ? demanda Jack.
- Oui, je crois que c'est ainsi que
disent les vivants. Lorsqu'un crime est commis, ils ouvrent une enquête
policière, répondit le supérieur.
- Eh! Attendez! s'écria Jack en
comprenant où il voulait en venir. Nous ne ressemblons pas à Maigret ou à
Sherlock Holmes. Nous sommes des Êtres-de-Lumière, pas des policiers. Vous
n'avez pas d'anges qui ont cette fonction ?
- Non, intervint l'Archange Michel,
nous n'avons jamais eu affaire à des meurtres. La seule chose qu'on ait, c'est l'armée
céleste…
- Ben, c'est très bien ça ! le coupa
Jack. Prenez quelques uns de vos soldats et faites en des flics !
- Non! le coupa sèchement l'Archange
Raphaël. On a décidé que ce serait vous."
L'Être-de-Lumière regarda son
supérieur. Il n'avait jamais entretenu de rapports très amicaux avec lui. Pour
une raison qui lui était totalement inconnue, son supérieur l'avait pris en
grippe depuis leur première rencontre. Pourtant, il pensait que cela c'était un
peu arrangé depuis sa victoire sur l'ex futur Roi des Ténèbres… Apparemment, il
se trompait.
Jack décida de faire son mea-culpa
et accepta la mission, même s'il savait que ce ne serait pas de tout repos. Il
décida d'en savoir plus.
" Bien… Comme je vois qu'on a
le choix… On peut savoir ce qui s'est passé alors?"
L'Archange Michel leur demanda de
les suivre. Les six Êtres-de-Lumière, Gaspar et Métatron suivirent l'Archange
qui se dirigeait déjà vers la sortie du bâtiment administratif.
" On y va pas en s'éclipsant?
demanda Amédé.
- Non, ce n'est pas la peine, c'est
juste à côté. On en a pour deux minutes à pied."
En effet, à peine cinq minutes plus
tard, ils se retrouvèrent tous devant un petit immeuble. Ils pénétrèrent dans
le hall et gravirent une volée de marches qui menait au premier étage.
L'Archange Michel ouvrit la porte et
pénétra dans l'appartement, suivit des autres.
Les six Êtres-de-Lumière et Gaspar
s'arrêtèrent net devant l'horreur de la scène.
A leurs pieds se trouvait l'âme sans
vie de Stéphane. Il avait été lacéré de partout. On aurait dit qu'une bête
féroce s'était acharnée sur lui à grands coups de dents et de griffes acérées.
Amédé
et Jack eurent un haut le cœur, les filles cachèrent leurs visages dans leurs
mains.
"Voilà, fit Michel en désignant
la dépouille de Stéphane. Il se prénommait Stéphane et il allait devenir un
ange dans deux jours On l'a retrouvé comme ça. Il a la gorge tranchée et de
multiples lacérations…"
Avant que l'Archange n’ait terminé
sa phrase l'âme du jeune homme disparut en fumée.
" Que s'est-il passé? Où est-il
passé? demanda Jack.
- Lorsque l'on tue l'âme de
quelqu'un, ce dernier retourne dans le néant. Son cycle est achevé à présent.
- Il ne sera plus jamais réincarné?
- Ni réincarné en vivant, ni
réincarné en âme ou quoi que ce soit qui vive au Paradis, intervint Métatron.
Stéphane n'est plus, il est redevenu du rien, du néant."
